Chaque année, ils sont plus de 20 000 Haïtiens à traverser la frontière de la
République Dominicaine pour travailler pendant une saison la récolte du sucre.
La majorité de ces traversées s'effectue en dehors de tout cadre légal et
résulte d'un processus organisé, connu des autorités, perpétré sous le regard
bienveillant des offices de migrations et de la police dominicaine.
En
échange de cette main-d'oeuvre, les compagnies sucrières dominicaines versent
une somme de 30 euros au gouvernement haïtien pour chaque homme, plus une somme
allouée aux rabatteurs.
Une fois les groupes constitués, les autobus des
compagnies sucrières emmènent les travailleurs haïtiens dans les bateys, des
campements miséreux où ils sont ensuite répartis en baraquements. En quête
d'une vie meilleure, les braceros se retrouvent vite dans l'enfer d'un travail
abrutissant.
L’AUTEUR
Céline Anaya Gautier a pu s'introduire dans
quelques-uns de ces camps de travail grâce à deux prêtres, Christopher Hartley
et Pedro Ruquoy, qui travaillent quotidiennement sur le terrain pour aider et
défendre ces hommes réduits en esclavage.
Le livre Esclaves au
paradis rassemble des photographies de Céline Anaya Gautier, des
ambiances sonores et des chants récoltés auprès des populations de coupeurs de
canne par Esteban Colomar Enguix (un CD en plus).